Accueil forums   Liste des membres   Recherche   Profil   Connexion   Se connecter pour vérifier ses messages privés   S'enregistrer
Connecté en tant que Connexion
La date/heure actuelle est 20/11/2017 04:57:36
Afficher les nouveaux messages depuis la dernière visite
Marquer toutes les discussions comme lues
Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
partie I chapitre I

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    L'ENTRAIDE POUR LES ETUDIANTS EN FAC DE DROIT Index du Forum -> LES COURS : -> Cours -> cours de L1 aes
-> Histoire des faits économiques
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
nouille2005
Administrateur
<b><font color=red>Admini</font>strateur</b>

Hors ligne

Inscrit le: 20 Oct 2005
Messages: 3 511
Localisation: Strasbourg

MessagePosté le: 29/09/2006 15:53:22    Sujet du message: partie I chapitre I Répondre en citant

1ere partie : La période de l’entre deux guerres.

Trois événements importants ont marqué la période : la première guerre mondiale, la crise des années 1930, la deuxième guerre mondiale.

Chapitre 1 : la stagnation démographique entre 1914 et 1945.

Introduction :

La population totale de la France a stagné durant cette période. Elle est passée, de 1900 à 1950, de 41 millions à 42 millions. Alors qu’entre 1950 et 2000, elle passe de 42 à 59 millions.

Avant les événements de la première guerre mondiale, la population de la France augmentait en raison du vieillissement de la population (l’espérance de vie progressait : avant 1900, elle était de 45 ans, 49 ans pour les femmes alors qu’elle était de plus de 48 ans pour un homme en 1913, pour les femmes 52,4).

L’originalité de la démographie de la France est d’avoir été très tôt marquée dans son histoire par une diminution de sa natalité en raison de la baisse de la fécondité. Elle avait commencé dès la révolution, avait augmenté en période napoléonienne et n’a cessé d’augmenter.
Ceci est dû à l’utilisation de la contraception, et du modèle familial ayant peu d’enfants (deux) en opposition avec les familles nombreuses traditionnelles.
La fécondité des femmes était en moyenne en 1890 de plus de 3 enfants par femme, et en 1913 elle n’était déjà plus que de 2,3 enfants par femme.
Phénomène de dénatalité : baisse de la fécondité dans toutes les couches sociales.

Avant la première guerre mondiale, la population française était déjà affaiblie par la baisse séculaire de la natalité.

I – La période de la 1ère guerre mondiale (1914- 1919).

La première guerre mondiale a commencé pour la France le 3 Août 1914 lors de la déclaration de guerre de l’Allemagne, et s’achève par la capitulation de l’Allemagne le 11 Novembre 1918.

1)La baisse de la population française.

Les chiffres de la population française totale.

Deux recensements ont été effectués en 1911 et 1921. Les chiffres diffèrent selon que l’on s’attache au territoire national dans sa totalité où si on lui retranche l’Alsace et Lorraine.

Concernant le territoire, sans l’Alsace et la Lorraine, on constate une baisse de la population totale de plus de 2 millions 100 mille habitants.
La population totale de la France était de plus de 39 millions 600 mille habitants, en 1911, et passe à 37,5 millions en 1921.


Avec l’Alsace et la Lorraine, on constate une baisse de la population totale de 2 290 000 personnes.
La population totale passe de 41,5 millions en 1911, à 39,21 millions en 1921.

La baisse de la natalité.

Avant la déclaration de la guerre, on constate une baisse du taux de natalité, résultant de la tendance française à la baisse constante de la fécondité.
D’autre part, les effets de la guerre se manifestent clairement sur la natalité à partir de Mai 1915 (moment où sont venus au monde les enfants conçus après la déclaration de la guerre).
Le taux de natalité (nombre de naissances d’enfants vivants pour 1000 habitants) est passé de 17,9 naissances pour mille habitants en 1914 à 9,5 en 1916. Il se redresse ensuite à partir de 1917 et atteint en 1919 le taux de 12,6.

Cette baisse très forte de la natalité résulte de l’effondrement de la nuptialité mais surtout de la diminution de la fécondité, chose logique en temps de guerre (hommes absents ou morts, niveau de vie en baisse). La fécondité a chuté de 2,3 en 1913 à 1,65 pour la période 1916- 1920.

L’augmentation de la mortalité.

On constate durant cette période une très forte augmentation de la mortalité. Pour la période 1911-1921, on compte le décès de 2 millions 550 mille habitants pour les territoires privés de l’Alsace et de la Lorraine.

Il faut répartir ce chiffre entre les civils et les combattants.
Dans la population civile, on constate le décès de 1 million 250 mille personnes. Une grande disparité se manifeste entre les départements envahis ou non durant la guerre.
Dans les départements envahis, la population aurait diminué de près de la moitié.
La mortalité s’explique aussi en raison de l’épidémie de la grippe « espagnole » subie à la fin de 1918 qui a entre autres accru encore plus la mortalité des nourrissons.
Autre raison : augmentation de la mortalité infantile (enfants notamment en dessous de 1 an) à partir de 1917 surtout à cause de l’aggravation des conditions d’existence dues à la prolongation de la guerre et à l’insuffisance de la production de lait.

Les pertes militaires s’élèvent à 1 300 000 citoyens. Ces pertes concernent autant les morts que les disparus. Elles représentent 17,6 % du nombre des hommes mobilisés au combat et 10,5 % du nombre de la population masculine active.
Ce taux est le plus élevé de tous les belligérants.
Cette forte proportion s’explique notamment parce que les combats se sont déroulés sur le territoire français.

2)Les conséquences sociales.

On croyait que la guerre allait être courte mais elle a duré plus de 4 ans. On évalue à plus de 8 millions et demi d’hommes mobilisés dans l’armée française.
Les hommes incorporés pour faire la guerre, étaient les hommes valides.




Les conséquences immédiates (durant la guerre).

Ces hommes valides constituaient les forces actives du pays, en effet, le recrutement de l’essentiel des combattants s’est effectué à travers la condition d’aptitude physique à faire la guerre (état de santé et d’âge). C’étaient donc des jeunes adultes de sexe masculin, qui formaient la plus grande part de la population active. Il s’ensuit donc une pénurie de main d’œuvre qui touche tous les milieux. L’agriculture a subi les ponctions les plus importantes de main d’œuvre (près de la moitié des mobilisés : 45% représentant plus de 3,5 millions d’hommes).
Dans ce secteur, comme dans l’industrie, les femmes durent remplacer les hommes absents avec l’aide des adolescents et des vieillards. On fit aussi appel à une main d’œuvre étrangère.
Changement social : certaines femmes arrivent à occuper des postes habituellement réservés aux hommes.

Les conséquences au lendemain de la guerre.

10,5% des hommes valides français ont péri, 6% des actifs de la Grande Bretagne et 0,2 des Etats-Unis.
Les hommes étaient sélectionnés sans distinction de classe, mais la guerre fut très meurtrière dans les classes intellectuelles du pays (professions libérales, élèves des grandes écoles étaient officiers durant la guerre). Plus de 19% de morts ou de disparus l’ont été parmi les officiers contre 16% des troupes.
Les cadres intellectuels ont donc éprouvé les pertes proportionnelles les plus lourdes, surtout parmi les élèves des grandes écoles.

La guerre a mis fin aux conflits de classe et a établi une certaine cohésion sociale : tout le monde était dans les tranchées.
les personnes aisées ont beaucoup subi la guerre au niveau des pertes ;
certaines personnes aisées participaient aussi au niveau financier pour aider l’Etat (financement de systèmes d’ambulance, de crèches, de médicaments) ;
les femmes aisées portaient main forte au travail (infirmières etc…).

Au début de la guerre, aucune mesure n’avait été prise pour protéger ces élèves des grandes écoles mais à la fin de la guerre, vers Septembre 1918, le gouvernement chercha ensuite à limiter la perte massive des élèves issus de l’école polytechnique (plus de 18% des élèves issus des promotions 1908-1918 ont été tués).
Afin de préserver, pour l’avenir de la société, la survie de ces futurs cadres, on refusa aux élèves qui venaient de réussir leur concours de partir au front.

La guerre fut aussi très meurtrière parmi les agriculteurs, ce sont eux qui ont subi le plus de pertes : plus de 670 000 agriculteurs tués.
La guerre n’a pas interrompu le mouvement de diminution de la population rurale et d’augmentation de la population urbaine.
La population rurale passe de 56% à 53,6% entre 1911 et 1921.

En revanche, la guerre fut moins meurtrière parmi la population ouvrière parce que beaucoup d’ouvriers furent retirés du front pour être affectés dans des usines de guerre.

Par ailleurs, au-delà des morts, la population active a été affaiblie par les invalides de guerre. Le nombre de blessés français fut de 3 millions dont 1 million qui devaient être ultérieurement reconnus comme invalides de guerre, dont 60 000 amputés.
L’activité professionnelle des invalides se trouva réduite ou supprimée au moment même où la France avait besoin de main-d’œuvre pour reconstruire le pays.
Le besoin d’une main d’œuvre nombreuse, rendit indispensable l’appel d’une main d’œuvre étrangère. L’immigration a donc fortement repris après 1918, et a permis de ramener le déficit de la population à un peu plus de 2 millions.

La guerre a aussi entraîné une nouvelle répartition par âge et par sexe.
La disparition d’une part si importante de la population masculine entraîne une nouvelle répartition par sexe. Le déséquilibre entre les effectifs du sexe masculin et féminin était très faible avant la guerre, après la guerre, il est en faveur des femmes.
La guerre accentue le vieillissement de la population à cause du déficit des naissances durant la guerre (qui produira ses effets sur les effectifs de la population une vingtaine d’années après : les « classes creuses ») ; et à cause de la perte humaine des adultes masculins de 20 à 39 ans.

II – La période de l’entre deux guerres.

On constate une augmentation de la population totale française : de 39 200 000 habitants en 1921 à plus de 41,9 millions d’habitants en 1938.
Cette augmentation résulte par ailleurs de la forte immigration. En effet, la période de 1921-1929 a été marquée par une immigration massive qui permettra de renforcer l’effectif masculin perdu au moment de la guerre.
L’immigration diminuera ensuite au moment de la crise mondiale (qui commence en 1929 aux USA et atteindra la France des années 1931 à 1939).

1)Le mouvement naturel de la population.

Le faible accroissement naturel de la population résulte de naissances un peu plus importantes que les morts.

La notion de la natalité.

Dans un premier temps, la France fut d’abord marquée par une augmentation des naissances après la fin des hostilités.
Mais la natalité baisse à nouveau dès 1922 (le nombre annuel d’enfants revient à celui qu’il était en 1913) parce que dans la mentalité française, on ne veut pas avoir trop d’enfants. Cette baisse s’accentue fortement avec la crise économique des années 30. On observe un taux de natalité de 14,8 entre 1936 et 1938 alors qu’il était de 18,2 entre 1926 et 1930.
La crise des années 30 a été qualifiée comme le triomphe de l’esprit malthusien : l’opinion craignait une abondance en tout et notamment en Hommes en raison du développement du chômage. On évite alors d’avoir trop d’enfants.
Au cours des années 31-39, les générations peu nombreuses nées au cours de la 1ère guerre mondiale arrivent à l’âge du mariage.




La mortalité.

La baisse de la mortalité, constatée juste après la guerre se constate aussi après la crise des années 30. Cette baisse touche principalement les enfants et les femmes, mais les conséquences de la guerre ont continué de se faire sentir au près de la population masculine (la baisse est moins forte chez les hommes) parce que la mortalité des hommes a été touchée par la fréquence de l’alcoolisme.
On constate donc une augmentation de l’espérance de vie : plus de 54 ans pour les hommes pour la période de 1928-1933 et 59 ans pour les femmes.

La baisse de la mortalité a compensé la baisse de la natalité, mais la population n’assurait pas son renouvellement. La France n’a donc pas pu effacer les conséquences de la guerre. Elle donc eu recours massivement à l’immigration.

2)L’importance de l’immigration.

La proportion des étrangers.

On constate deux phases distinctes :
l’immigration massive (1919-1931).
Avant la guerre, l’accroissement de la population étrangère avait été de 2% en moyenne par an. De 1921 à 1926, il fut 5 fois plus élevé avec une moyenne de 10 %.
On constate donc une arrivée de 225 000 étrangers par an en France. Par rapport au nombre de ses habitants, la France était le premier pays d’immigration au monde.
En 1931, la proportion des étrangers était de 7,1 %. En 1911, il n’était que de 2,8%.

la diminution de l’immigration des années 1931-1936.
La crise a entraîné une diminution du nombre des étrangers. De nombreux étrangers ont donc quitté la France parce qu’ils étaient encore plus victime que les Français du chômage (ils faisaient partie des catégories professionnelles les moins qualifiées).
La crise économique a aussi entraîné des sentiments xénophobes. Une partie de la population considère alors que l’afflux des étrangers est trop important. Les étrangers au moment de la crise vont donc être l’objet d’une discrimination de la part des employeurs.

Les caractéristiques de l’immigration.

C’est une immigration contrôlée par l’administration pour répondre aux besoins de
main-d’œuvre. Il s’agit donc principalement d’une immigration économique liée aux besoins du marché du travail.
Le déficit de main-d’œuvre avait été estimé à la fin de la guerre à 3 millions d’individus en raison des pertes humaines de la guerre, du besoin de la reconstruction (main-d’œuvre supplémentaire) et du développement de l’industrie.

Les immigrés venaient, comme plus tôt, de l’Europe et des pays voisins de la France. Les Italiens, les Belges et les Espagnols étaient les plus nombreux.
Le fait nouveau de l’après guerre a été le développement de l’immigration en provenance de l’Europe centrale et orientale. Et surtout, le nombre de Polonais s’est considérablement accru (moins de 35 000 en 1911 et plus de 500 000 en 1931).

La population immigrée était caractérisée par une domination d’hommes jeunes. Les jeunes adultes avaient parmi les immigrés une place proportionnelle plus importante que chez les Français.
Cet afflux d’immigrants procura ainsi à la France le supplément de main-d’œuvre qui lui faisait défaut.
Les travailleurs étrangers constituaient 3% des actifs de l’agriculture et 35% des actifs de l’industrie extractive.

A la veille de la 2ème guerre mondiale, l’augmentation de la population française a été beaucoup plus lente que celle des autres pays. De 1900 à 1939, elle avait augmenté de 3% alors que l’Allemagne progressait de 36%, les Etats-Unis de 72%.

La seconde guerre mondiale démarre le 1er Septembre 1939 lors de l’invasion de la Pologne par l’Allemagne, et dès le 3 Septembre, la Grande Bretagne et la France déclarent la guerre à l’Allemagne. Elle s’achève le 2 Septembre 1945 avec la capitulation du Japon, l’Allemagne ayant capitulé dès le 8 Mai 1945.

III – La période de la guerre (39 – 49).

A)La baisse de la population à cause de la guerre :

Durant cette période, la baisse de la population française a été d’à peu près1 400 000 personnes.
Elle s’explique d’une part par les pertes de la guerre ( 600 000 personnes)
Les effets de la seconde guerre mondiale sur la population française furent très différents que ceux de la première guerre mondiale parce que les civils ont été plus éprouvés que les militaires. Les pertes militaires furent moins lourdes : 250 000 pertes militaires.
Cela s’explique par la brève durée (quelques mois) des opérations militaires terrestres sur les territoires français.
Les pertes civiles sont en proportion plus lourdes en raison notamment de l’occupation quasi-totale du territoire. On compte 350 000 pertes civiles. Les deux tiers du territoire ont été occupés à partir de Juin 1940, puis à partir du 11 Novembre 1942, c’est la totalité du territoire qui est occupé par les Allemands.
Les pertes civiles concernent également les déportés : sur les 100 000 déportés politiques, on compte 60 000 victimes et sur les 60 000 déportés raciaux, on compte 56 000 victimes.
La baisse de la population française s’explique aussi par le départ de nombreux étrangers (300 000) et par un excédent naturel de décès de 495 000 personnes.

B)La baisse naturelle de la population.

La hausse du taux de mortalité.

Le taux de mortalité est passé de 15,3 décès pour 1 000 habitants en 1939 à 18 en 1940. L’augmentation de la mortalité naturelle serait liée à deux causes principales :
la privation de la guerre ( sous alimentation, insuffisance de chauffage, pénurie de médicaments et soins médicaux) a accru la mortalité des catégories les plus fragiles (enfants : en 1940 en raison de l’exode d’une grande partie de la population, puis en 1945 à cause de nombreux troubles intestinaux liés aux mauvaises conditions de distribution du lait)
population des travailleurs déportés : 40 000 civils. Le taux de mortalité annuel parmi eux était de 20 % .

La faible baisse de la natalité.

La natalité a eu une diminution très relative durant la période de guerre. En dépit de la guerre, le nombre des naissances ne fléchit que modérément. Par ailleurs, on constate que la reprise de la natalité a même commencé pendant la guerre.
Le taux de natalité ne passe que de 14,6 naissances pour 1000 habitants en 1939 à 13,6 en 40, mais durant les 3 dernières années de la guerre (43-45), le taux est supérieur à celui de 1939 et en 1945 il est de 16,2.

On constate durant cette période une augmentation de la fécondité parmi les couples mariés. Pendant la dépression économique des années 30, de nombreux couples avaient préféré retarder la naissance de leur premier enfant. La reprise économique d’avant guerre, faisant disparaître le chômage, a alors joué un rôle sur la natalité.
D’autre part, les mesures prises en faveur des familles au cours de la guerre ont joué un rôle. Les pères de famille mobilisés ou mobilisables bénéficient d’un allègement de leurs obligations par rapport aux autres hommes du même âge. Par ailleurs, les familles nombreuses furent gratifiés pendant l’occupation d’avantages spéciaux en matière de rationnement alimentaire.
L’influence des mesures prises juste avant la guerre en faveur des familles a joué un rôle, il s’agit principalement des effets du Code de la famille (fin Juillet 1939). La généralisation et l’augmentation des allocations familiales ont joué un effet décisif.

La situation démographique de la France avait été inquiétante compte tenu de l’augmentation très lente de la population. Pour les pouvoirs publics, il convenait de modifier les comportements de couple. Ils ont donc d’abord cherché à agir par la voie de la répression. Une loi en 1920 sur les pratiques contraceptives interdit toute vente de matériel et renforce la répression de l’avortement. Cette loi n’a pas eu les effets voulus.
Devant l’inefficacité de cette loi, l’Etat met en œuvre une politique démographique et sociale pour atténuer les charges des familles et encourager la natalité. La première loi importante fut une loi de 1932 sur les allocations familiales, néanmoins, les taux de versement étaient presque symboliques. Aussi, les encouragements à la natalité furent renforcés en 1939 et les préoccupations natalistes de l’Etat furent clairement établies dans le code de la famille.
Ce texte établit d’une part un régime fiscal de succession plus favorable aux familles, d’autre part il établit une taxe de compensation familiale en matière d’impôt sur le revenu et d’autre part il généralise et augmente à toute la population active le régime des allocations familiales à partir du 2ème enfant.
Ceci a été la première politique démographique relativement complète qui a été mise en œuvre.
Aussi, bien des couples mariés à partir de 1941 furent plus féconds et donc l’indice de fécondité passe de 2,07 enfants par femme entre 1936 et 1940 à 2,11 entre 1941 et 1945.

Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: 29/09/2006 15:53:22    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?

Revenir en haut
nouille2005
Administrateur
<b><font color=red>Admini</font>strateur</b>

Hors ligne

Inscrit le: 20 Oct 2005
Messages: 3 511
Localisation: Strasbourg

MessagePosté le: 29/09/2006 15:53:57    Sujet du message: partie I chapitre I Répondre en citant

Chapitre 2 : L’agriculture française de 1914 à 1945.

La France reste le plus grand pays agricole de l’Europe occidentale.

I – La période de prospérité relative entre 1914 et 1929.

La première guerre mondiale avait causé la perte de près de 700 000 agriculteurs. Elle a donc entraîné des perturbations dans les conditions de production mais aussi au niveau des prix agricoles.
Au lendemain de la guerre on constate en effet un recul de la production et une augmentation des prix des produits alimentaires.
Toutefois ces augmentations vont permettre au producteur de bénéficier de leur prix de vente.
C’est pourquoi on parle d’une relative prospérité : celle qui a bénéficié aux producteurs agricoles.

A)La baisse de la production agricole.

Au lendemain de la guerre, on constate une baisse de la production agricole. Lorsque l’on compare le volume des récoltes entre 1913 et 1918, on constate que la production générale agricole aurait baissé d’environs 45 % .
Plus précisément, la production de blé n’était plus que 69 % de ce qu’elle était, 48 % pour la pomme de terre, 45% pour le vin et 19% pour la betterave à sucre.

Après 1925, le constat est celui d’une stagnation de la production agricole, la moyenne des années d’avant guerre est plus ou moins celle des années 1926.

Les effets de la guerre.

La baisse de la production agricole s’explique d’une part par le manque de main d’œuvre agricole (causé par la mobilisation). L’agriculture n’était à l’époque pas encore fortement mécanisée, le travail humain était donc le premier facteur de production.
Au moment de la mobilisation, on compte au moins les ¾ de la population active agricole masculine qui part à la guerre. La réduction du travail des hommes mobilisés n’a jamais pu être intégralement compensée durant la guerre par les femmes et les hommes restants. Les femmes n’avaient pas la capacité physique de réaliser le travail intense des hommes.

Dans un premier temps, les efforts seront faits uniquement par les femmes aidées des vieillards et des adolescents. Des prisonniers de guerre seront ensuite utilisés. Des travailleurs étrangers seront également employés sur la base d’un contrat de travail temporaire. Enfin, le problème grave du manque de main d’œuvre agricole obligera les autorités de donner aux soldats des permissions spéciales pour les moissons et à libérer à partir de Juillet 1917 les agriculteurs de 47 à 50 ans.

D’autre part, la baisse de la production s’explique par la baisse d’un tiers de chevaux. Les chevaux représentaient encore la principale forme d’énergie complémentaire au travail humain. Dès la mobilisation, les chevaux les plus vigoureux ont été réquisitionnés.
Avant la guerre, l’agriculture française souffrait déjà d’un trop grand nombre de petites exploitations. Cela empêchait la modernisation, et donc la réduction des coûts de production, il n’y avait pas de capacité d’investissement.

Durant la guerre, les combats se sont déroulés sur les terres les plus riches du Nord-Est de la France. Au lendemain de la guerre, ces terres ont été abîmées par le creusement des tranchées et les destructions des batailles.
L’absence de terres labourables réduit d’autant la possibilité de production.

Enfin, les autres facteurs de production agricole n’avaient pas été développés durant la guerre. Les engrais chimiques n’étaient plus produits, la priorité de l’industrie chimique étant de fabriquer des explosifs.
De même, la mécanisation agricole n’était pas primordiale, la priorité de l’industrie métallurgique étant concentrée aux besoins de l’armement.

Les efforts d’après guerre.

Après la guerre, l’Etat n’est pas intervenu massivement. Au contraire, les exploitants agricoles ont bénéficié d’une grande liberté d’action dans le développement de leur production. L’action de l’Etat est restée limitée à certains domaines.
D’une part, les efforts se sont portés sur la reconstruction des exploitations détruites par les opérations militaires. Les terres avaient été creusées par les tranchées et les bombardements, il convient de les remettre en état : enlever des champs les fils de fer, les obus et les mines non éclatées.
Des aides de l’Etat ont aussi été versées aux agriculteurs pour reconstruire les bâtiments et le matériel des fermes.
D’autre part, l’action directe de l’Etat a porté sur la fabrication des engrais afin d’en baisser le coût de production et d’en permettre la diffusion.
Enfin, l’Etat s’est préoccupé d’améliorer l’équipement collectif. Des moyens financiers ont par exemple été investis dans le développement de l’électrification des campagnes. La diffusion du courant procure ainsi de l’énergie aux machines utilisées en milieu rural. Ces machines sont soit agricoles comme les batteuses et les machines à traire les vaches, soit industrielle comme les métiers à tisser de l’industrie textile. Ainsi, une industrie textile rurale peut résister. Elle constitue, en milieu rural, un moyen de ressource complémentaire aux paysans.

En second lieu, les efforts d’après guerre ont porté sur la réorganisation du crédit agricole. Le but est d’augmenter le dépôt de capitaux extérieurs à l’agriculture et de permettre le développement de prêts.
Les producteurs vont bénéficier d’un accès facile aux prêts à court et moyen terme permettant de se constituer un capital de départ pour par exemple acquérir un élevage.
Ainsi, le handicap dû aux effets de la guerre est rattrapé vers 1925 où on retrouve le niveau des années d’avant guerre.

B)L’augmentation des prix alimentaires.

La première guerre mondiale va entraîner une augmentation dans les prix agricoles. Des changements de prix des produits alimentaires ont toujours été constatés en raison des inégales récoltes d’une année à l’autre.
Une série de mauvaises récoltes entraîne une baisse de l’offre et donc une augmentation des prix.
On constate un phénomène nouveaux, celui de l’inflation (hausse générale des prix). En général, il n’y avait pas de hausse constante des prix comme aujourd’hui.
Le nouveau phénomène de l’inflation résulte de la dépréciation monétaire du franc qui s’est poursuivie après la guerre.
Les prix ont continué à monter et à la fin de la guerre (1919), ils atteignaient 3 fois le niveau de 1913. La hausse des prix reste régulière.
Par exemple, le quintal de blé passe de 79 francs en 1922 à 183 francs en 1926.

Cette augmentation des prix va permettre aux producteurs agricoles de bénéficier des prix de vente et d’augmenter leur revenu. On parle alors de relative prospérité.
Cette prospérité se manifeste par l’accession à la propriété de nombreux exploitants, disposant de liquidités, ils achètent des terres aux propriétaires non exploitants. Ces achats permirent d’augmenter les surfaces agricoles.
On assiste alors à un relâchement du protectionnisme dominant depuis les années 1890. Durant la guerre et après guerre, une interdiction d’exporter les denrées agricoles avait été décidée pour garantir les approvisionnements. La production était déjà réduite, et il fallait de plus en préserver une part pour les besoins de l’armée.

Par ailleurs, il fallait aussi assurer à la population civile un approvisionnement convenable, c’est pourquoi l’importation des denrées alimentaires avait été facilitée.
A partir de 1927, les agriculteurs obtiennent des pouvoirs publics la liberté d’exportation ainsi que le relèvement des droits de douane pour se protéger de la concurrence des produits étrangers.
Néanmoins, la France reste dans une phase de dépendance alimentaire.

II – La période de crises entre 1929 et 1945.

La crise économique des années 30 a fortement touché le domaine agricole. C’est par ailleurs durant cette période que pour la première fois en France, que la population urbaine se trouva plus importante que la population rurale. La population urbaine constituait 51,2% de la population totale en 1931.

A)La crise des années 30 (1929-1939).

Durent les années 30, la production agricole va augmenter grâce à un facteur accidentel : la succession d’excellentes récoltes.
Or le domaine agricole va subir un effondrement brutal des prix et des revenus des agriculteurs.

L’effondrement des prix agricoles.

Les prix agricoles se sont effondrés notamment entre 1932 et 1935. Le quintal de blé est passé de 152 francs en 1930 à 117 francs en 1932 et 74 francs en 1935.
Cette baisse a été générale pour les produits agricoles (vin, viande, produits laitiers…).

La cause déterminante de cette baisse s’explique par l’abondance des denrées alimentaires qui ont entraîné un excès de l’offre. Cette abondance est causé par l’enchaînement de bonnes récoltes, les conditions météorologiques et l’amélioration du matériel de production .
Face à cette abondance, chaque producteur constate une quantité importante de produits non vendus. Pour liquider ses stocks, il baisse alors les prix.
Une autre cause a été celle de la diminution de la demande. Cette diminution s’explique d’une part par la crise générale de l’économie qui a provoqué la réduction des revenus et l’augmentation du chômage. La consommation des ménages en a donc été réduite. La diminution de la demande s’explique aussi par la baisse de la population et par le départ de nombreux travailleurs étrangers.
Aussi, la baisse des prix et la mévente des produits ont aggravé la situation du milieu agricole en faisant baisser les revenus des producteurs.

La protestation du monde agricole et les mesures politiques.

La durée de la crise agricole fait naître un mécontentement parmi les producteurs. Les revenus agricoles auraient baissé de 32% entre 1929 et 1935. Ce sont les revenus des exploitants agricoles qui auraient subi durant la crise la plus forte baisse.
Face au mécontentement, la politique agricole comporte alors deux principales interventions. En premier lieu, l’action politique prône un retour au protectionnisme : les tarifs douaniers sont augmentés, des examens sanitaires sur la viande, des limitations quantitatives. Les importations de produits alimentaires ont donc baissé de 14% de la consommation en 1925-1929 à 6% entre 1935-1938.

Néanmoins, la fermeture des frontières ne suffit pas face à cette crise de surproduction interne.
En second lieux, une nouvelle organisation des marchés agricoles est engagée, elle se fait produit par produit. Par exemple, pour le marché du blé, le gouvernement tente en 1933 d’imposer un prix minimum de 115 francs par quintal. Cette mesure n’obtient pas de résultat puisque le blé se vend alors au marché noir en dessous du prix officiel à 60-70 francs le quintal.
Un projet de contrôle stricte du marché par un nouvel office va être avancé. Ce projet sera réalisé après la victoire du Front Populaire en 1936, et entraînera la création d’un office national interprofessionnel du blé. Cet office reçoit le monopole des échanges extérieurs et le contrôle de toutes les transactions internes. Cet office travaille avec l’intermédiaire des coopératives céréalières qui stockent et vendent tout le blé qui doit être livré, il veille à la fixation du prix du blé.
Cette nouvelle institution sera approuvée par l’opinion paysanne qui la considérera efficace. Le prix du blé commence alors à augmenter.

La crise avait freiné l’exode rural qui reprend en 1937 avec l’introduction de la semaine de 40 heures qui attire les ruraux vers les villes.

B)La période de pénurie alimentaire à partir de 1940.

Durant et après la 2ème guerre mondiale, la première préoccupation politique est de permettre à la population de manger à sa faim.

La politique du ravitaillement des années de guerre.

Les premières années de guerre n’avaient pas entraîné de problèmes au niveau de l’approvisionnement alimentaire parce qu’un service de ravitaillement avait été organisé, et que les récoltes avaient été abondantes.
Cependant, après Juin 1940 (défaite de la France), une grave situation de pénurie alimentaire s’installe. Celle-ci touche toute les couches de la population.
La pénurie vient d’une part d’un manque d’hommes, donc de main d’œuvre, ce qui affaiblit la production. Les camps de prisonniers retiennent pendant 5 ans, loin de l’exploitation, de nombreux agriculteurs.
D’autre part, la pénurie vient d’un manque de moyens matériels : les chevaux sont réquisitionnés, on ne peut importer de pièces de rechange pour les tracteurs et autres, absence d’engrais et insecticides.
La production est donc affaiblie et les récoltes deviennent inférieures à ce qu’elles étaient. On évalue à une perte de 20% les récoltes de blé, 45% pour les pommes de terre.
Enfin, l’affaiblissement est renforcé par la défaite militaire (la France est partagée en deux parties, au Nord, l’autorité allemande exploite les terres à l’aide d’une main d’œuvre de paysans polonais déportés). L’occupant effectue aussi des prélèvements sur la production alimentaire, et sous la menace, ils exigent d’importantes livraisons (1/6ème des disponibilités aurait ainsi été livré).

Face à cette situation, le pouvoir a organisé dès Septembre 1940 un système de strict rationnement distinguant les jeunes, les adultes et les vieillards.
La population rurale a moins souffert de la pénurie alimentaire parce qu’elle a plus facilement réussi à se nourrir par un retour à l’autoconsommation.

La politique agricole pratiquée à la libération.

Deux réformes importantes ont eu lieux :
la réforme du faire valoir indirect :
Les terres agricoles pouvaient être exploitées par le propriétaire lui-même au moyen de salariés. Ce procédé s’appelle le faire valoir direct.
Lors d’un faire valoir indirect, les terres sont mises en location sous la forme d’un bail à fermage (nom donné à un contrat d’exploitation agricole par lequel le fermier est le seul propriétaire du cheptel) ou à métayage (nom donné à un contrat d’exploitation agricole par lequel le propriétaire terrien l’est aussi d’une partie du cheptel. Il contrôle le métayer et partage avec lui la récolte, participant ainsi aux aléas de la culture).
Les rapports sociaux, dans ce cadre d’exploitation agricole, étaient défavorables aux fermiers et métayers parce que le contrat de bail des terres était à courte durée (9 ans le plus souvent, voire 3 ans renouvelable une fois), mais aussi parce qu’au cours du renouvellement du bail, le propriétaire pouvait augmenter le montant du loyer de la terre mais surtout, l’exploitant n’était jamais certain de pouvoir conserver l’exploitation à l’issue du bail.
Une forte revendication paysanne portait sur le fait que lorsque le paysan exploitant réalisait des investissements à long terme, il n’était pas indemnisé. S’il améliorait considérablement le fond de l’exploitation, le propriétaire pouvait augmenter le prix de la location au renouvellement du bail.
Après la libération, les revendications paysannes aboutissent et un nouveau statut du fermage et du métayage fut voté en Avril 1946. Le droit au renouvellement du bail est maintenant acquis au bénéfice du preneur du bail (le paysan exploitant) par exception à ce principe, le propriétaire a la possibilité de refuser ce renouvellement à la condition stricte de reprendre le terrain pour lui-même.
Le paysan exploitant détient un droit de préemption, il est prioritaire sur tout autre acheteur pour acquérir la priorité, lorsque celle-ci change de propriétaire.
Le paysan exploitant bénéficie aussi d’un droit d’indemnité à la fin du bail pour les améliorations qu’il a apporté durant le bail.
Enfin, le nouveau statut reconnaît aux métayers une part de 2/3 dans l’exploitation et peut convertir son contrat en contrat de fermage avec transfert de propriété du cheptel et du matériel d’exploitation.

nouveau plan pour améliorer la production :
Il apparaissait comme fondamental pour les hommes politiques d’augmenter la production pour permettre de nourrir la population. Mais ceux-ci ne voulaient pas seulement rétablir la situation d’avant guerre, ils voulaient que la rénovation de l’agriculture permette une intensification des rendements par le progrès technique.
Une part importante des finances publiques sera alors concentrée à un développement de la mécanisation et de la production d’engrais. Ces deux domaines sont considérés comme des secteurs prioritaires de développement. Ils bénéficient de fonds issus de l’aide Marshall (allouée en Juin 1947).

Le résultat le plus visible de l’action gouvernementale sera la mécanisation. Le nombre des tracteurs sera par exemple multiplié par 4 (en 1938 il y en avait 35 000 et en 1950 il y en avait 137 000). Au niveau des engrais par contre, on n’atteint seulement la moitié de la production espérée (elle était de plus de 880 000 tonnes en 1938 et elle sera d’un peu plus d’1 million en 1950).

La pénurie alimentaire sera définitivement éliminée lors de la récolte de 1948 grâce à de bonnes conditions météorologiques, et jusque là, le rationnement de la population sera maintenu. L’agriculture souffre encore d’un enseignement médiocre auprès des adultes et l’agriculture française souffre aussi de sa structure : si les très petites exploitations ont diminué, l’agriculture reste encore caractérisée par une part prépondérante de petites et moyennes exploitations.

Revenir en haut
nouille2005
Administrateur
<b><font color=red>Admini</font>strateur</b>

Hors ligne

Inscrit le: 20 Oct 2005
Messages: 3 511
Localisation: Strasbourg

MessagePosté le: 29/09/2006 15:54:18    Sujet du message: partie I chapitre I Répondre en citant

Chapitre 3 : les aspects budgétaires et monétaires (1914-1945).

La première guerre a surgi au sommet d’une bonne décennie de croissance économique rapide (« la belle époque »), elle entraînera une crise et des difficultés monétaires avant d’aboutir à une croissance. La crise des années 30 replongera à nouveau la France dans une crise monétaire.

Section 1 : La période d’après guerre (1914-1930) :

Cette période est marquée par une crise puis par un redressement économique visible par l’industrialisation de la France au cours des années 20.

A)Les conséquences de la guerre (1914-1918).

Les conséquences économiques, un bilan négatif.

Les conséquences économiques de la guerre ne furent pas que négatives. Certaines entreprises ont en effet bénéficié de commandes passées par l’Etat durant la guerre.
Néanmoins, les conséquences négatives l’ont emporté de très loin sur le bilan global de l’économie.

- Conséquences positives :
La guerre a eu des effets bénéfiques sur l’évolution technique de la France dans les industries mécaniques, électriques, sidérurgiques et chimiques. Elle força ces secteurs à adopter des productions nouvelles et des modes de production plus modernes tels que la série ou le taylorisme.
Par exemple, le chiffre d’affaire de Renault passe de 88 millions de francs en 1914 à 378 millions en 1918.
La guerre aurait donc renforcé les positions de certaines grandes entreprises de ces secteurs stratégiques grâce au bénéfice qu’elle leur a permis de réaliser.

- Conséquences négatives :
Durant la guerre elle-même, la France avait souffert de graves pénuries, en particulier celle de la main d’œuvre (le nombre de mobilisés représentait 63% des travailleurs mâles actifs).
Les besoins de la défense nationale aggravèrent les autres pénuries en matières premières, en transport et outillage industriel.
Au lendemain de la guerre, la France souffre des pertes de la guerre. La guerre a entraîné plus d’un 1 350 000 morts (16% des mobilisés et 10,5 % de la population active masculine).
A ces pertes humaines s’ajoutent les 3 000 000 de blessés dont 1 million d’invalides. Les indemnités pécuniaires accordées aux invalides, aux veufs et aux orphelins mais aussi aux ascendants des morts vont s’ajouter au poids de la reconstruction.
A ces pertes humaines s’ajoute l’importance des dommages matériels. La guerre se déroule sur le territoire national et a provoqué la destruction de 7,5 % des immeubles existants et d’une partie importante du capital industriel.

Le bilan économique est donc négatif. Certaines entreprises travaillant sur le gouvernement ont pu accroître leur profit et favoriser leur puissance d’autofinancement, toutefois, ces réussites ne compensent pas les pertes dues aux destructions.

Les conséquences financières : l’endettement de l’Etat.

L’endettement de l’Etat a été une grave conséquence de la première guerre mondiale.

Le financement de la guerre a eu pour support essentiel l’emprunt sous toutes ses formes possibles, intérieur et extérieur.
En revanche, bien peu fut demandé à l’effort fiscal et l’impôt général sur le revenu institué par la loi du 15 Juillet 1914 ne fut pas appliqué avant 1916.

L’Etat a d’une part contracté de lourdes dettes extérieures auprès de la Grande-Bretagne et surtout des Etats-Unis (ce sont les dettes interalliés). Ces dettes n’ont cependant pas été inclues dans les sommes que l’Allemagne vaincue a du payer après la guerre au nom du principe des réparations.
L’Allemagne a été tenue pour responsable dans le traité de Versailles de 1919, toutefois, les Américains ont toujours refusé toute confusion entre le remboursement des dettes interalliés et le payement des réparations de guerre. Ce refus a créé de fortes tentions et des rancoeurs de la France à l’encontre des Américains.
Au total, la France recevra 15% de l’ensemble des dépenses versées pour la remise en état des régions dévastées.

D’autre part, l’Etat a développé une lourde dette intérieure, les recettes ordinaires de l’Etat ne couvraient les dépenses totales de la guerre qu’à concurrence de 16%.
L’Etat a alors eu recours aux emprunts qui ont été étendus aux entreprises et aux particuliers par le biais de bons et d’obligations de la défense nationale.
L’Etat devient fortement débiteur envers la banque de France. N’ayant pas d’argent pour financer la guerre, il demande à la banque de France de créer de la monnaie en émettant de la nouvelle monnaie. Dès le début d’Août 1914, les planches à billets vont fonctionner dans ce sens. Ainsi, la banque de France aide l’Etat en lui faisant des avances et à la fin de 1919, celles-ci représentaient 16% de la dette intérieure.
Dans l’ensemble, l’augmentation de la dette publique fait que les charges ont décuplé et la dette contractée pèsera très lourdement. En 1929, sur 100 francs d’impôts, 41 sont affectés au service de la dette.

Les conséquences monétaires.

Durant tout le 19ème siècle, la France avait connu une période de stabilité monétaire avec un maintien de parités fixes entre les monnaies. Par ailleurs, elle n’avait pas connu de longues hausses de prix.
Mais avec la guerre, l’ensemble du système monétaire du 19ème va être remis en cause et on verra apparaître une crise inflationniste.
L’Etat s’est tourné vers la banque de France pour obtenir un financement de la guerre par la création monétaire, il s’ensuit donc une augmentation de la masse monétaire. La circulation des billets de banque était de 5,7 milliards à la fin de 1913, elle sera de 30,2 milliards à la fin de 1918.
Les pièces d’or et d’argent disparaissent alors progressivement de la circulation , la masse monétaire est simplifiée et se partage désormais entre les chèques et les billets. La monnaie fiduciaire est donc de plus en plus acceptée.
D’autre part, on constate une inflation. La hausse des prix est générale. Les prix en 1918 sont multipliés par 3,5 par rapport à 1914 et par 4,3 en 1919. Aussi, le franc a perdu à la fin de la guerre près de la moitié de son pouvoir d’achat.
L’inflation est née en partie de la contradiction entre la masse de biens disponibles sur le marché et la masse des liquidités : en émettant les billets, il y a trop d’argent en circulation et donc trop de demande par rapport à l’offre des produits sur le marché.
Au lendemain du conflit, jouait également dans le sens inflationniste le déficit du commerce extérieur, la dégradation de l’appareil de production, la hausse de la demande, l’endettement budgétaire et l’insuffisant effort fiscal.

On constate par contre une faible dépréciation du franc sur le marché des changes.
En effet, sur le marché des changes, le franc résiste à la baisse. La décote du franc par rapport à la £ et au $ ne commence qu’à partir du printemps 1915. Au printemps 1917, la décote du franc s’accélère et atteint 30% .
Toutefois, à ce niveau de dépréciation, le franc demeurait encore nettement surévalué.

B)La période de l’après guerre (1918-1930).

Les agitations monétaires et la période d’inflation.

En premier lieux, la France va être touchée par l’inflation jusqu’en 1926 en raison d’une spéculation contre le franc. Le franc baisse parce qu’il y a plus de vendeurs de francs que d’acheteurs.
Aussi, la dépréciation du change fait que le cours de la £ passe de 25,22 francs en 1914 à 240 francs en 1926. Pour la même période, le cours du $ passe de 5,18 F à 49,22F.

La dégradation du change joue alors un rôle d’accélération de l’inflation durant les années 1923- 1926.

En second lieux, la France va être marquée par une stabilisation monétaire et une maîtrise de l’inflation après l’été 1926. La stabilisation monétaire va être rendue possible grâce à la modification brutale du comportement des spéculateurs.
Dès l’arrivée de Pointcarré à la présidence du conseil en Juillet 1926 et même avant les mesures décidées par le gouvernement au mois d’Août, le gouvernement de la banque de France enregistre un retournement immédiat de la spéculation. On déduit donc qu’il y a eu des mesures psychologiques pour inciter les spéculateurs à ne plus vendre le franc.
Le gouvernement de la banque de France a remarqué que les spéculateurs qui recherchaient des devises étrangères veulent à présent du franc.
Ce succès est expliqué par un retour à la confiance qui a créé un impact psychologique : les spéculateurs savaient que la fin de l’inflation ne serait pas accompagnée de pressions fiscales excessives (pas d’impôts ou de prélèvements sur le capital), la fin de l’inflation n’étant plus redoutée, les comportement se modifièrent.
Des résultats immédiats furent au dessus de tout espoir, la remontée du franc sur le marché des changes se fit avant même que des mesures essentielles soient prises.
De 240 F en Juillet 1926, la £ est tombée à 162F début Août, c'est-à-dire au moment même où les premières mesures vont être votées.
La loi du 7 Août 1926 autorise la banque de France à acheter et vendre des devises à un cours fixé par elle.
La stabilisation monétaire existera dans les faits dès le 22 Décembre 1926 lorsque 1£=125F.
La loi monétaire fixe la valeur or du franc à 67,5 mg d’or et cette valeur représente 1/5 de la valeur or du franc de 1914. Il y a donc une perte de pouvoir d’achat du franc. Les monnaies sont alors indexées en rapport à l’or.
En 1928 la stabilisation devient légale.
Les conséquences de cette stabilisation sont que le franc a pu devenir une monnaie solide, les capitaux étrangers venaient en France, et Paris devient une place financière importante aux côtés de Londres et NY.
Aussi, la dépréciation du franc était favorable aux exportations car elle maintenant les prix français plus bas par rapport aux autres pays.

La crise et le redressement économique des années 20.

Au lendemain de la guerre, le bilan général économique était négatif en raison des nombreuses destructions, de la chute de la production agricole et de l’endettement de l’Etat. La France a alors traversé une courte crise dans les années 1920 – 1921. Il fallait à ce moment convertir l’économie de guerre en économie de paix. Après un boom de la consommation des ménages directement après la guerre, la tendance s’inverse dès 1920 : le stock de biens à consommation durable avait été reconstitué par les ménages.
Le fléchissement de la demande explique la dépression. Cependant la France n’a pas subi une crise profonde parce que son économie était lancée dans une phase de reconstruction (investissement, réduction de la chute des demandes de biens d’équipement ).
Les biens d’équipement sont l’ensemble des biens utilisés au cours du processus de production et dont la durée de vie est d’au moins un an.

Mis à part cette crise, la France a connu une phase d’expansion jusqu’aux années 1930. Le redressement économique a été rapide. En 1919, les exportations atteignent à peine le tiers des importations mais dès 1923 l’équilibre de la balance commerciale est atteint. Puis jusqu’en 1928, elle sera régulièrement excédentaire.
Explication : -dépenses de reconstruction
dépréciation du franc par rapport aux autres monnaies stimulant le dynamisme des exportations.
Le but était d’augmenter la production industrielle. De ce fait, la période des années 20 a été une phase décisive de l’industrialisation française avec une augmentation de la production de 5% par an. Cette croissance a reposé sur une réduction des coûts de production dans les secteurs de pointe. On a dû remplacer les pertes humaines par des machines ce qui entraînera la baisse des coûts de production et la production de masse. Parallèlement il y a eu une hausse des salaires ce qui permet aux ménages de consommer massivement.
La croissance industrielle repose avant tout sur les industries mécaniques (automobile né juste avant guerre. La production passe de 40 000 autos en 1920 à 254 000 en 1929. L’automobile n’est plus traitée comme un produit de luxe, la production en série les rend plus abordable : fordisme),
métallurgiques
de l’énergie (charbon, pétrole et électricité. Le charbon reste la principale source d’énergie mais on voit se développer des énergies de substitution et des procédés nouveaux d’utilisation du charbon. Une politique pétrolière est mise en place en 1924 avec la Compagnie Française des pétroles et la loi de 1928 favorise le raffinage du pétrole de France. En matière d’électricité, on voit une augmentation de la consommation en raison de la réduction massive des coûts. La consommation par habitant a doublé durant les années 20, son prix avait diminué de 40%. La réduction des coûts s’explique par la construction de barrages hydrauliques et de centrales thermiques fonctionnant au charbon)
et chimiques (Saint Gobain et Kuhlmann. De nouveaux secteurs apparaissent comme la chimie des colorants et des produits synthétiques. On en voit une application directe par exemple dans les entreprises des textiles. Dès 1927, la soie artificielle représente 10% des fibres utilisées à Lyon. Ces nouveaux procédés de fabrication expliquent le recul des industries traditionnelles et du travail à domicile.)

La croissance industrielle (la plus élevée d’Europe) des années 20 a produit l’émergence de secteurs nouveaux (à haute productivité) qui ont favorisé la montée du salariat. Les secteurs du textile, de l’habillement, du cuir sont en baisse tandis que des secteurs comme l’industrie mécanique ou chimique sont en hausse.
L’augmentation de ces secteurs nouveaux mécanisés s’accompagne d’un accroissement de la taille des usines.
Le redressement économique se caractérise par un plein emploi, le nombre des chômeurs passe de 1 500 000 en 1921 à 1 000 en 1929. L’immigration étrangère fournit à peu près 1 000 000 de travailleurs masculins supplémentaires.

II - La grande dépression des années 30.

Cette dépression atteint la France en 1931 et se prolongera jusqu’à la veille de la seconde guerre mondiale.

A)L’entrée tardive dans une longue crise.

L’origine de la crise mondiale touchant la France en 1931.

La crise mondiale a commencé le « Jeudi noir de Wallstreet » c'est-à-dire le 24 Novembre 1929 avec une crise boursière à New York. Ce jour là, plus de 12 millions d’actions ont été vendues sur le marché boursier sans trouver de preneur. Cette faillite boursière aboutit immédiatement à une crise aux USA : les banques qui avaient placé en actions l’argent de leurs clients font faillite.
Les emprunteurs qui comptaient sur les revenus de la bourse ne peuvent plus rembourser leur prêt.
Aussitôt, les banques restreignent leur crédit et l’argent devient rare. Cela entraîne la paralysation de la production et de la consommation. Les prix industriels vont baisser de 30% en 3ans et les prix agricoles de 70% parce qu’il n’y a pas assez de consommation.

La crise américaine va progresser en une crise mondiale puisqu’ils détenaient une position centrale dans l’économie mondiale après la guerre. Les économies européennes vont être touchées par la baisse des échanges mondiaux et du crédit international. Les capitaux américains investis en Europe se retirent et accélèrent le processus de propagation de la crise.

La Grande Bretagne va être très fortement touchée parce que son économie est grandement liée aux exportations. De 1929 à 1931, sa production a déjà diminué de 30% et les ventes à l’étranger de la moitié.
En 1931, elle va décider de dévaluer sa monnaie pour réduire la compétitivité des prix français et ses exportations.
La France entre alors pleinement dans la crise et sera le seul pays où la reprise ne sera pas en vue vers 1935-1936. La durée de la crise s’explique par la façon progressive dont la France s’est installée dans la dépression en refusant de dévaluer rapidement sa monnaie.




La crise prolongée des prix et de la production.

L’économie française a été marquée par une crise des prix liée à la chute mondiale des prix par la baisse de la demande. Cette période est donc dominée par une profonde déflation (période marquée par une baisse durable du niveau des prix). Cette baisse s’est d’abord manifestée sur les prix de gros.
La baisse des prix a eu pour conséquence de faire baisser la production. D’autre part, l’économie française a été marquée par une crise de la production (baisse de son activité). La chute des prix se traduit par une baisse des revenus industriels et commerciaux et donc par une baisse des capacités d’investissement. La baisse de la production a touché surtout les biens d’équipement. Le secteur le plus atteint a été le commerce extérieur (chute des exportations qui se généralise à partir de 1930 en raison de la contraction du commerce international). Les industries traditionnelles de qualité (textiles de luxe…) subissent en premier les difficultés d’exportations. La chute des exportations sera aggravée en France à partir de 1931 à la suite des dévaluations des monnaies des autres pays.

Une monnaie dévaluée induit des prix de vente moins élevés. Les prix exprimés en monnaie étrangère deviennent plus compétitifs. Les exportations sont donc stimulées.

A partir de Septembre 1931, l’Angleterre décide de dévaluer la £. Après cette dévaluation, l’écart entre les prix anglais et français est entre 22 et 25%. Aussi, dès septembre 1931, la France devient chère alors qu’elle avait été bon marché, ce qui aggrave la chute de ses exportations.
Deux blocs de pays vont apparaître : les pays dévaluateurs (Angleterre, USA, pays scandinaves, Japon) et les pays du « bloc or » (France, Pays-Bas, Belgique, Suisse et Italie) qui ne cessent pas d’avoir leur monnaie convertible en or. Leur prix sont alors surévalués par rapport aux autres pays et un écart de 15 à 20% se creuse entre les prix des pays qui ont dévalué leur monnaie et les prix français.
En Novembre 1935, la situation se fragilise d’avantage lorsque la Belgique (un des premiers clients de la France) décide de dévaluer à son tour. La perte de compétitivité des prix aggrave la chute des exportations et la perte des parts de marché. Les exportations ont diminué de 44% en volume de 1929 à 1935.
La réduction des exportations françaises a pour conséquence directe de maintenir le pays dans une situation régulière de déficit commercial et budgétaire.

La crise a entraîné une baisse d’activité dans les secteurs subissant la concurrence étrangère, notamment dans la production industrielle.
Dès Septembre 1931, la production industrielle s’effondre (on constate une baisse de 17% dans les premiers mois).
La crise entraîne une baisse d’activité professionnelle (du nombre d’heures de travail fourni) donc une augmentation du chômage et une généralisation du chômage partiel.
En 1930, on comptait 13 000 demandeurs d’emploi ; en 1932 il y en avait 250 00 et en 1935 426 000. Avec la crise, il y a eu un phénomène de rapatriement des étrangers dans leur pays d’origine.
La très forte diminution de l’emploi correspond aussi à une réduction générale des taux d’activité avec des retraites anticipées, une diminution de l’emploi des femmes et un recul de l’âge d’entrée dans la vie active.



B)Les principales luttes politiques contre la crise.

La relance économique devait passer par une dévaluation du franc afin de baisser les prix français et relancer l’exportation. Mais le réflexe de l’époque était de vouloir rester fidèle à l’étalon-or et défendre le franc.
La dévaluation était considérée comme abomination. Or la surévaluation du franc était la cause de l’enlisement de la crise. Les gouvernements ne se sont pas attaqués à la cause mais ont tenté de diminuer les effets.

Les politiques déflationnistes jusqu’en 1936.

Dans un premier temps, les gouvernements ont chercher à atténuer les effets de la crise. L’une des croyances de l’époque était qu’il fallait avant tout aboutir à un équilibre budgétaire.
Une discussion politique s’engage en 1933 autour de la réduction des dépenses publiques par une réduction des retraites et des salaires des fonctionnaires.
En 1934 est votée une diminution de 3% des pensions des anciens combattants.
Mais les recettes de l’Etat diminuaient encore plus vite que les dépenses.

En second lieu, l’attitude était de renforcer les mesures protectionnistes. Ainsi, dès Novembre 1931, un décret institue une surtaxe de change de 15% à l’encontre de l’Angleterre.
On développe aussi un système de contingentement soumettant les importations à un quota.
En 1936, 65% des importations françaises s’effectuent sous ce régime.

Le gouvernement de Laval de Juin 1935 à Janvier 1936 a cherché à faire baisser les prix français pour qu’ils atteignent les prix étrangers tout en évitant la dévaluation du franc. Il met alors en place une politique déflationniste (ensemble de mesures visant à restreindre la demande pour réduire les tensions sur les prix). Les mesures prises sont diverses comme la réduction des dépenses publiques, l’augmentation de la pression fiscale pour limiter les revenus disponibles des ménages, les limitations des salaires, les blocages des prix.
La principale et la plus célèbre des mesures adoptées par le gouvernement consista en une déflation budgétaire : une réduction de 10% de toutes les dépenses publiques a été imposée, y compris des salaires des fonctionnaires.
D’autre part, une autre mesure a été prise : une déflation économique par un dirigisme des prix. Le gouvernement imposa une réduction de 10% appliquée au prix du charbon, du pain, de l’électricité et aux loyers.
Ces mesures sont entrées en totale contradiction avec d’autres mesures comme les mesures protectionnistes (visant à protéger les producteurs contre les effets de la baisse des prix) et la politique de soutien des prix dans le secteur agricole.
Cette politique de déflation aboutit donc à l’inverse de ce qu’elle disait et suscite une vive opposition sociale notamment chez les catégories sociales affectées par les restrictions budgétaires. La conséquence politique en est la victoire du Front Populaire aux élections de Mai 1936.







La politique économique du Front Populaire.

Après la victoire aux élections législatives, on voit la gouvernance de Léon Blum qui ne durera qu’un an (Juin 1936 à Juin 1937).
Toute la culture libérale de non intervention de l’Etat et de la libre concurrence a été remise en cause par la grande dépression et dans tous les domaines la tendance est à l’intervention de l’Etat.
Dans un premier temps, le gouvernement de Léon Blum a essayé de relancer l’économie en reconstituant le marché intérieur par une politique de relance du pouvoir d’achat.
Il s’inspire des mesures prises à la même époque par Roosevelt aux USA : l’accroissement de la demande intérieure par la consommation devait provoquer une reprise de l’économie et de l’investissement privé. Le redressement de l’équilibre budgétaire devait suivre ensuite le redressement économique.
Selon le Front Populaire, le marché intérieur devait être reconstitué par une nouvelle répartition du travail disponible entre l’ensemble des travailleurs grâce à la réduction du temps de travail, c'est-à-dire grâce à l’introduction de la semaine de 40heures (au lieu de 48) et des congés payés (15 jours).
Ces réformes seront votées le 11 et 12 Juin 1936.

D’autre part, le marché intérieur devait être reconstitué par une hausse des prix et des revenus agricoles. Le soutien des prix agricoles devait augmenter le revenu et le pouvoir d’achat des agriculteurs. Cela passait par une réorganisation des marchés agricoles, notamment par la création de l’Office du blé.

Enfin, la demande intérieure ne devait initialement pas résulter d’une action directe sur les salaires mais le gouvernement a dû faire face à la pression des grèves et l’occupation des usines. Des accords ont donc été conclus entre la CGT et le patronat sous l’arbitrage de Léon Blum : les accords Matignon (7 Juin 1936).
Ces accords portèrent sur la reconnaissance du droit syndical, l’établissement de contrats collectifs de travail et surtout sur une augmentation des salaires de 12% en moyenne.
Cette hausse des salaires entrait dans la conception du programme économique du Front Populaire puisque ces hausses devaient accroître le pouvoir d’achat des salariés, néanmoins cette hausse des salaires cumulée avec la semaine de 40heures faisait que la hausse moyenne des salaires était en réalité de 20%.

Les résultats de la politique du Front Populaire :
Cette politique aurait très bien convenu à un pays à large marché comme les USA où la demande intérieure constitue l’élément essentiel.
Cependant en France, les échanges internationaux représentaient près d’un tiers du PNB.
Les réformes ont ainsi aggravé la disproportion entre les prix Français et les prix étrangers car l’augmentation des coûts salariaux a augmenté les coûts de production qui a augmenté les prix dès l’été 1936.
Ces augmentations de prix ont rendu encore plus difficiles les exportations, ce qui a conduit à un déficit encore plus grand de la balance commerciale.
La dévaluation du franc a été ce qu’il manquait à la politique de reconstruction du marché intérieur de Léon Blum.




Dans un second temps, le gouvernement a compris la nécessité de dévaluer la monnaie. Une dévaluation est ainsi décidée en septembre 1936 en accord avec les USA et la GB.
Cette concertation internationale marque la première coopération dans le domaine monétaire. La dévaluation est d’environ 30% ce qui fait que le niveau des prix français est de 15% inférieur aux prix étrangers.
Cela sera toutefois trop faible pour permettre une relance économique : la production ne reprendra que pendant 4 mois.
L’absence de relance économique s’expliquerait par l’application trop rigide de la loi des 40 heures. Cette loi aurait enlevé de la souplesse au système de la production, empêchant son élasticité par l’impossibilité de mettre en place des heures supplémentaires. Les heures supplémentaires étaient trop coûteuses (majoration de 25%), de plus, la semaine de 40heures avait été répartie sur une semaine de 5 jours ce qui est défavorable au maintien de la production.
La réduction du temps de travail a entraîné une baisse de la production dans les mines et une augmentation insuffisante dans la métallurgie et le travail des métaux.
Les secteurs de base ne produisaient pas assez, ce qui a freiné les autres branches.
Cela a provoqué une augmentation des importations et une dégradation de la situation financière.
Blum démissionne le 21 Juin 1937.

La relance de l’économie sous Paul Reynaud (fin 1938 – début 1939).

Le redressement économique du pays sera obtenu après la nomination de Paul Reynaud au ministère des finances.
Il promulgue le 12 Novembre 1938 une réforme de la loi des 40 heures. Cette réforme autorise les heures supplémentaires dans les limites d’une durée de travail de 48heures par semaine. D’autre part, elle prévoit une majoration du taux des heures supplémentaires de seulement 5 à 10%.
Par ailleurs, la semaine de 5 jours est condamnée.
Enfin, le gouvernement doit faire face au danger d’une nouvelle guerre, un décret prévoit alors des sanctions à l’encontre des travailleurs qui refuseraient des heures supplémentaires dans les secteurs utiles à la défense nationale. La durée de travail dans ceux-ci est autorisée jusqu’à 60 heures par semaine.

Paul Reynaud a réduit les dépenses en matière de travaux publics pour financer les dépenses d’armement. Le redressement de la production industrielle est alors fortement lié au réarmement. Cette production reste toutefois relative comparée à l’Allemagne.

Avec la seconde guerre mondiale, la France sera partiellement occupée à partir de Juin 1940 puis totalement à partir de 1944. Au cours de cette période, la France a dû régler les frais d’occupation des troupes allemandes.
Ce règlement avait été fixé à 20 millions de Marks par jour jusqu’en Décembre 1942 puis à 25 millions après.
La France a aussi subi des prélèvements directs : produits agricoles (10%) ou industriels (40%) en 1943. 87% des exportations de 1944 vont à l’Allemagne.

La France a subi de très importantes destructions au niveau de son appareil productif qui était de toute manière très obsolète car la France avait été coupée des évolutions techniques. Les ingénieurs et les techniciens français devront aller se former à l’école des USA.

D’autre part, au niveau des réseaux commerciaux, les destructions matérielles sont considérables. Tous les ports français sont détruits à 80%. La flotte commerciale française transportait 40% des importations et 52% des exportations. Les 2/3 des cargos et les ¾ des pétroliers sont détruits. Les réseaux commerciaux avec l’étranger sont coupés.
La France va alors devoir acheter des navires à l’étranger (pays anglo-saxons).

Dans l’ensemble, la France va très fortement dépendre économiquement des crédits des USA. Elle va alors être dépendante de l’économie américaine.

Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: 20/11/2017 04:57:36    Sujet du message: partie I chapitre I


Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    L'ENTRAIDE POUR LES ETUDIANTS EN FAC DE DROIT Index du Forum -> LES COURS : -> Cours -> cours de L1 aes
-> Histoire des faits économiques
Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers: